À la recherche de l’autonomie au jardin ou comment créer sa propre abondance à travers la pratique du jardin ?

Pour la première fois en France, au sein d’une École d’art, l’objectif est d’intégrer à tous les niveaux de programmes et de formations la pratique du jardinage, du travail de la terre et de la sensibilisation aux enjeux environnementaux sous forme d’ateliers inscrits dans les différents parcours professionnels et d’enseignements proposés.

Notre volonté s’est dessinée en tenant compte du contexte propre à l’École d’art, abritée par un ancien bâtiment militaire. L’ancienne caserne est adossée à un ouvrage à corne, fortification singulière de l’architecture militaire de Vauban qui préserve dans ses hauteurs 1200m2 de végétation: un jardin suspendu en cœur de ville, érigé et transformé pendant des siècles à des fins militaires. Le patrimoine architectural structure la Ville et son urbanisme comme il fait raisonner avec emprise l’histoire locale moderne. Investir ces fortifications pour un lieu dédié à la pratique des arts visuels, c’est travailler sur un écosystème et ses multiples ramifications.

L’école d’art n’est pas hors sol, elle revendique un rôle dans le développement local et saisit l’opportunité de sa situation urbaine pour faire la jonction. L’étude et l’expérimentation de cet ouvrage fait le lien entre une mémoire commune accolée au patrimoine militaire et des préoccupations contemporaines de développement durable : la mise en œuvre d’une sensibilisation aux enjeux contemporains environnementaux par une pédagogie engagée.

 

Si le désir de créer un jardin nourricier est propre à chacun, il nous apparaît comme un outil contemporain pour préparer à des objectifs pédagogiques amples et variés. Car jardiner signifie apprendre à produire sa nourriture et en filigrane introduit à la question agricole. Ce point de départ entraîne en cascade des problématiques autour de la nature, de l’environnement, du territoire, du paysage ou encore des fondements de nos sociétés.

À travers ce projet de jardin, cette multiplicité d’enjeux de société est possible d’être abordée de manière simple et concrète.
 Aussi, sensibiliser et apprendre à jardiner aux étudiants, aux élèves et en formations professionnelles nous est apparu nécessaire aujourd’hui et indispensable comme un prérequis à enseigner.

 

Savoir comment notre nourriture est produite ? Et par un jeu de cause/conséquence : quels en sont les enjeux agricoles, économiques et sociaux ? Apprendre à jardiner en adoptant des méthodes biologiques en vue de produire ses propres légumes, comprendre comment récolter ses propres semences, apprendre à cueillir la nature existante en vue de découvrir tous ses bienfaits (alimentaires, premiers soins….) sont aujourd’hui face au changement environnemental des questions cruciales mais dont la plupart des étudiants ne possèdent pas les clefs concrètes. Mais, au delà de ces problématiques du quotidien, cultiver un jardin dans le cadre d’une école d’art ouvre la porte à des enjeux esthétiques, au genre pictural du Paysage, à des démarches artistiques se référant au Land art des années 70 et valorisant le processus et l’acte expérimental jusqu’à la démarche artistique contemporaine de certains artistes internationaux croisant art et environnement. C’est une chance pour ces jeunes créateurs en devenir de leur donner matière à travers ce jardin de croiser leur intention artistique aux enjeux de l’élaboration commune d’un monde durable.

 

Ce projet est soutenu par le programme « Transition écologique, ici et ensemble 2018 » de la Fondation de France.

 

 

 

 

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