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Histoire de l'art (art ancien / moderne)
Vendredi de 18h à 19h30

 

L’art byzantin : questions et débats sur la représentation et l’iconographie.


    La révolution artistique provoquée par l’avènement du christianisme n’a pas été brutale, comme pour chaque nouveau style un vaste mouvement d’échanges et d’influences en est à l’origine. Si la nouvelle religion, à ses débuts, a proposé aux artistes un programme iconographique nouveau, il n’y avait pas au départ d’esthétique particulière. Dans les Catacombes, par exemple, on retrouve les principes esthétiques gréco-latins qui ne seront jamais totalement abandonnés. L’art d’Occident et celui d’Orient emprunteront pour quelque temps la même voie. L’art que l’on nomme paléochrétien et qui s’impose du IIIème au Vème présente une unité, ce n’est qu’ensuite que les spécificités vont se marquer et que le nouveau langage propre à la civilisation chrétienne va se diversifier et conduire entre autres à ce que l’on nommera plus tard l’art byzantin.
   
    Ce qui retiendra notre attention, c’est l’élaboration de nouveaux modes de représentation. Pourquoi, par exemple, le culte du corps humain hérité des Grecs est abandonné pour se tourner vers une stylisation où le contenu se simplifie parfois jusqu’au schéma ? Comment se créent les formes ?

    Pourquoi y-a-t-il nécessité d’une rupture avec la tradition réaliste ? « L’art nouveau est essentiellement orienté vers un monde irréel et vers une transfiguration de l’apparence humaine » (E. Coche de la Ferté : « L’art de Byzance » ed. Citadelle et Mazenod). Il est évident que l’on ne croit plus que l’illusion optique prenant la nature à témoin est la seule valeur. Vous voyez déjà comment ce début ne nous cantonne pas dans les siècles passés mais nous conduit également vers la modernité. Matisse revendiquera cette « réduction » du réalisme, la force de la ligne, celle de la couleur pour créer son nouvel espace plastique et l’art byzantin sera pour lui une référence comme pour Chagall ou Léger.

    L’art byzantin qui s’étend du début du IVème siècle jusqu’à la chute de Constantinople le 29 mai 1453 va connaître des crises qui vont nous introduire dans un véritable débat sur la représentation, sur l’image : il s’agit de la période iconoclaste (720 à 843). Pendant ces « crises », nous allons assister à toute une réflexion sur l’importance de la force et de la vérité des images. Comme le fait remarquer John Lowden dans son ouvrage « L’art paléochrétien et byzantin » (ed. Phaidon) « aucune autre culture ou société n’est connue pour avoir engagé un débat aussi long et aussi sérieux sur le rôle des arts visuels ». Là aussi, la répercussion dans l’histoire de l’art de l’iconoclasme est fondamentale puisqu’elle sera à l’origine de nombreuses questions d’artistes de la modernité (Larionov, Malevitch et Mondrian) concernant la représentation.

    Nous essaierons, à travers cette histoire mouvementée, de comprendre l’évolution des formes et du langage plastique et surtout d’accéder à la dimension artistique de l’icône et plus généralement à ce qui fait que tout langage artistique élabore en même temps son propre dépassement.


    Jean-Claude Le Louarn